mercredi 27 janvier 2010

- Et si ce soir, j'ai pas envie de rentrer chez moi ?

Un blog uniquement dédié aux critiques de cinéma, en tant qu'amateur évidemment -> http://www.critiquedecine.blogspot.com/

dimanche 24 janvier 2010

- Tes parents auront peur de moi, enlève toi !















Les poissons ne pleurent pas, ou alors ça n' se voit pas.
Peut-être nagent-ils dans leurs larmes, c'est un chagrin qui a du charme.









lundi 18 janvier 2010

- Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants.


Alors que tout le monde huait "Remboursez !" et "Ooooh nan allez vas-y là !" durant le petit, infime, minuscule problème technique qu'a rencontré le projectionniste durant la diffusion d'Invictus, ma tête ne désirait crier qu'une seule chose "Donnez nous la suite s'il vous plaît, c'est tout ce que ces gens demandent poliment !", car pour rien au monde j'aurais arrêté le film lorsque Matt Damon entre dans le stade pour le match final. Cela aurait été trop bête et si injuste ! Même en sachant la fin (je ne vous le cache pas, l'Afrique du Sud gagne le match contre la Nouvelle-Zélande, mais peu importe, là n'est pas le climax du récit..), je voulais encore et encore boire ce flot d'images, avaler goulûment cette musique aux accents africains, et que ces frissons me parcourant le corps à la seule vue d'une foule acclamant les champions de la Coupe du monde de rugby, ne cessent jamais, jamais, jamais..J'avais la chair de poule, ça en est quasi-terrifiant desfois. Mon souffle se coupe, mon coeur bat la chamade, mes poils se hérissent et des frissons me parcourent entièrement. Comme certains ressentiraient ces symptômes avant de sauter à l'élastique, quand ils deviennent parents, quand ils sont amoureux, avant un examen ou en croisant le regard d'une personne éblouissante, moi je les subis en visionnant tout bêtement un film. Je pense que ce n'est pas une maladie incurable, l'hyper-sensibilité doit bien se soigner..

Je suis contente, quand j'entends du bruit dans le couloir, de fuir mon cocon meurtrier et de me mêler à de vraies personnes, bien réelles, pas uniquement des personnages de fictions, aussi sympathiques soient-ils bien sûr. J'aime les discussions avec mon coloc'. Bien que je l'appelle à 5h du matin en ayant un peu bu, il ne m'en veut pas et on continue de parler cinéma jusqu'à ne plus avoir de salive en réserve. Il me parle de lui, de sa copine, de son école d'art, de ses doutes, et j'aime l'écouter, il me fait rire et durant un court instant, j'en oublie mes peines, mes larmes et mes excursions sur le petit balcon enfumé. On parle, on partage nos ressentis par-rapport à tel ou tel film, à cette scène-là plus qu'à une autre. C'est bon.

Et ce soir, tout est si étrange. Un timide sourire vient éclairer mon visage apeuré, pas de larmes, pas de cris intérieurs, seule de la musique, quelques rires devant une série américaine et un peu de fumée, évidemment. Une fois de plus je réécoute Tabarly de Yann Tiersen parce que cette musique uniquement m'aide à trouver les mots justes, elle est synonyme d'un océan orageux, de vagues immenses, destructrices, se déferlant sur une côte innocente et tranquille. Elle évoque une mer déchaînée, les bourrasques de l'ouragan, l'indécision d'une eau agitée et meurtrière, le voyage, la fuite, l'impossibilité..Toutes ces choses qui sont miroir de mon esprit en ces instants. Je n'entends plus seulement le tapotitapotac du clavier, mais ces accords de piano, violons, orchestrés à merveille, raisonnant à la perfection avec chacun de mes mots, bien que je n'y connaisse absolument rien au solfège, cela m'enchante et me berce tendrement, sereinement, c'est étrange mais bienvenu, je crois.

Et la nouvelle venue d'un enfant, c'est bizarre. Je ne parviens pas à m'y faire. Qu'est-ce j'aurais à lui raconter ? 19 ans d'écart avec..Il/elle jouera avec mes gamins pendant les vacances, dans ma petite maison alors que j'aurais déjà un mari (qui sait..) et un petit quotidien déjà bien plan-plan..Je ne peux y croire ou m'y faire..



A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'y en a
Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra
En serrant dans ma main tes p'tits doigts
Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d' pieds pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures

- Invictus.


Out of the night that covers me,

Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow'd.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.


William Ernest Henley, 1875.

vendredi 15 janvier 2010

- Dis moi ce que t'as à perdre ? Rien !


Les gens m'appellent C.R.A.F.T : Can't Remember A Fucking Thing.


Aujourd'hui c'était Mr Nobody avec le charmant Jared Leto. Un excellent moment de rêve, où on plane loin de tout, on laisse en entrant dans la salle nos soucis, nos prises de tête, et on se laisse enfin aller, en compagnie d'une masse de spectateurs inconnus, avides d'ailleurs, tout comme moi. Alors on s'abandonne aux musiques, aux couleurs, à cette incompréhension, aux récits entremêlés, complexes, à la beauté, à la poésie de la voix off, ces phrases qui me restent en mémoire, malgré moi. Un melting-pot de films déjà vus : un peu de Big Fish, de 2046, de Little Miss Sunshine, un soupçon de L'effet papillon aussi. Mais tous mixés, ces films sont encore plus délicieux. Jared Leto, rôle qui le change d'un toxico ou du frère d'un trafiquant d'armes, et son regard d'un bleu translucide, dérangeant parfois, forment à eux deux un duo d'exception, dans une fable tout à fait capillotractée dont on ne ressort pas indemme. Magique. En gros, un gamin est sur le quai d'une gare et il doit choisir entre partir avec sa mère ou rester avec son père. Le simple fait de devoir choisir le tue à petit feu, alors il décide de ne jamais rien choisir. Le film est le miroir des vies qu'il aurait vécues s'il avait fait d'infimes choix au cours de sa vie, depuis cet épisode de la gare. Touchant. Réaliste. Le meilleur coup aux échecs est celui de ne pas jouer. Exact.

Après la séance, dans le tram, j'avais cette sensation d'être perdue, de ne pas être à ma place. Anna me ressemblait tellement...Un tas de choses m'a traversé l'esprit : les rencontres tout d'abord. L'inconnu dans le tram, Léo, David, les deux filles qui ne nous ont finalement pas suivis, l'époux d'Halloween, cette drôle de fille à la fac, Paul, Pascal, Hugo, les anglaises, Sami, Sad du scooter, Manou, Grégoire (ou Grégory, je ne sais plus mais il m'a sauvé du coma..je ne l'ai jamais remercié..), un tas de personne..C'est étrange le souvenir qu'on peut en garder et le désir interdit de vouloir les recroiser rien qu'une fois, et se permettre enfin de croire au hasard sans que cela soit totalement idiot.

Puis je repensais aussi à cette soirée hier. Un seul mot : imbécile.

Y'avait aussi ce que j'ai dis à Alban, ce que je rêvais de faire un jour : danser sur l'aile d'un avion comme dans le clip d'O-Zone, tourner une scène de film où il faudrait que je crise et que je casse tout autour de moi, se faire passer pour une autre devant les gens avec des pancartes qui attendent aux aéroports..etc etc.

J'ai appris à faire semblant, à me mordre les lèvres jusqu'au sang pour ne rien dire, quand elle pleure sur mon épaule pour la même raison qui me pousse à m'enfermer et à écrire encore et encore dans le carnet orange. A l'heure qu'il est, je réalise enfin ce qui va arriver, on n'aura pas le choix plus longtemps. C'est comme ça, pardonne moi si je fais un faux pas..

Quand on retient sa respiration, le temps stoppe sa course. Et je me consume à l'image et à la même vitesse que les cendres rougeâtres dont j'inhale la fumée nauséeuse. Doucement, lentement mais sûrement..Et ce rêve étrange hier soir, je tremblais, pire qu'une feuille mais je ne pouvais bouger aucun de mes membres de ma propre volonté. Je ne sais toujours pas si cela a été réellement un rêve ou non..Je me suis écroulée par-terre, tombant de mon lit, hésitant à crier, appeler à l'aide, et c'est cette personne en premier qui m'est venue à l'idée de prévenir. Crise de somnambulisme, je ne sais pas. Mais en me levant ce matin, j'étais terrifiée. Cette nuit-là j'ai cru mourir. Ce n'était pas un rêve, cela s'est réellement passé.

L'unique chose que je maîtrise encore pas trop mal aujourd'hui est la suivante : mon silence.

samedi 9 janvier 2010

- Allez vidons nos bières pour les voleurs des rues / Finir tous dans la terre mon Dieu quel déconvenu.


Elle avait un don. Elle arrivait à faire un film de sa propre vie et à regarder de l'extérieur les évènements se dérouler. Mais ce n'était pas elle dans le film. C'était une jeune fille qui lui ressemblait traits pour traits. Etait-elle cette fugueuse qui partait avec tous ces biens dans un vieux sac à dos éminé ou était-ce le fantasme de sa propre fugue en autostop sur une route déserte ? Un camion ralentie, dont les feux avants révélèrent la jeune fille. Mais après l'avoir regardé, le conducteur accéléra et s'enfuit à toute vitesse. La poussière qui vola était si opaque que la jeune fille toussa violemment, ce qui l'empêcha d'avoir le plaisir de l'injurier.


[I know who killed me]

(Neige.)

Parfois on se coupe, c'est la vie.